Raid nordique

Ce blog me permettra de vous faire partager mon voyage en Scandinavie cet hiver.

Découvrir ces lieux sauvages, gelés de solitude, cheminer par delà les montagnes, planter la tente sous les aurores boréales, est un vieux rêve.

Je ne pars ni pour accomplir un exploit sportif, ni pour établir un record. L'esprit de ce voyage est d'abord la découverte. Mélange de nomadisme et d'autonomie, mon cheminement sera accompli à skis, en tirant un traîneau contenant tout le nécessaire pour survivre dans le grand nord.

J'ai le souhait de ne pas m'enfermer dans la quête irraisonnée d'un objetif, qu'il s'agisse d'un lieu, d'un itinéraire obligatoire, d'une distance parcourue. La démarche prime sur la performance, et c'est pourquoi je me réserve le droit de modifier, interrrompre, reprendre, bousculer ma route selon les opportunités et les envies. Je vois en cela une forme d'itinérance.

Si la solitude sera un élément indissociable du chemin, je n'ai pas le désir de faire route loin des humains. Plusieurs d'entre vous m'ont déjà fait part de leur envie ou leur intention de s'associer au projet, que ce soit pour une semaine ou un mois. Cela me réjoui. Le reste du temps, la solitude sera l'occasion de me plonger plus intensément encore dans le cheminement intérieur, ou de rencontrer ceux qui peuplent cette grande terre du nord.
Si participer vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter, je posterai bientôt quelques indications à ce sujet.

Bonne route à tous, vivez vos rêves!

Nico
Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /Fév /2008 20:38
Bonjour à tous!

Quelques brèves nouvelles avant de plus amples détails.

Je me trouve à Oslo depuis deux semaines. Ma santé (les gelures aux doigts) évolue très bien et mon moral n'est pas en reste.
Mes parents sont venus me rendre visite et j'ai rencontré des gens formidables dans l'auberge où je me loge.

Je pourrais cependant quitter Oslo très prochainement, pour continuer ma visite des villes du pays.
J'attends le moment de reprendre ma route à skis, mais je suis décidé à ne plus prendre aucun risque. Plus de marche dans le white-out et le mauvais temps.
Je reprendrai donc mon itinéraire en forêt, côté suédois très certainement, et ceci signifiera probablement une modification de l'itinéraire.

Je vous tiens au courant!

Nico
Par Nico
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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /Jan /2008 11:58

Flesberg, mardi 29 janvier 2008

Jeudi 24 janvier

Voici une semaine que j'ai rencontre Ole. Il fait egalement route vers le nord, nous marchons ensemble vers les confins septentrionaux des Setesdalsheiane. Jeudi 24 janvier, derniere etape vers Haukeliseter, portes de la civilisation. 14km de marche au programme, dans la tempete.

13h30. Nous negocions la traversee du col, Ole est juste derriere moi. Le sol se derobe sous mes pas. Le tout dure a peine quelques secondes.
Le mouvement s'arrete, je suis immobilise dans une position insensee, prisonnier d'un linceul cotonneux. La neige comble mes yeux, ma bouche. Je ne suis capable d'aucun mouvement, si ce n'est l'extremite de ma main gauche. Au travers de la lourde couche qui me recouvre, et dont je ne peux apprehender l'epaisseur, j'apercois encore la clarete du jour.
Ma respiration s'emballe, echappant a tout controle. J'appelle de toutes mes forces, j'agite ma main gauche. Peut-etre affleure-t-elle? La haut, Ole doit etre a ma recherche, j'essaie de croire en le coup de pelle salvateur. Mais rien ne vient. Les minutes, les heures peut-etre, passent.
J'ai epuise mon air, desespoir.

Peu a peu, je sombre. Je pleure doucement en attendant tragiquement la mort.
Je pense a tous ceux qui apprendront la nouvelle. On retrouvera mon carnet de notes, ultime confident. Je comprends que l'instant est arrive. Nous devons tous y passer, c'est un peu tot pour moi.
Ma respiration se reduit a un souffle, je perds progressivement connaissance.

Puis, quelque chose me sort de ma torpeur. Je pense a tout ceux qui attendent mon retour. Pour eux, je n'ai pas le droit d'abandonner ainsi. Meme si je n'ai aucune chance de survivre,  je dois me battre.

La chaleur de mon souffle a fait fondre la neige devant mon visage. Je reprends le controle de ma respiration, mais le froid me gagne. Je comprends que je ne mourrai pas d'etouffement, mais de froid. C'est une fin tellement plus paisible et cela me rassure.

Je cherche a bouger, millimetre par millimetre, sans grand succes.
Plusieurs fois, je cesse de me battre, a nouveau. Il est si facile d'arreter de lutter, tellement plus facile de se laisser mourir... L'abandon me projettait a vive allure vers la fin.
Sans doute, j'aurais du y rester. Mais quelque chose, comme une infime espoir tendu a l'extreme, m'a tenu en vie.

La neige a fondu autour de mon corps. Dehors, la clarete a disparu depuis longtemps. Depuis combien de temps suis-je ici, a quelle profondeur? Peu a peu, je degage un bras, puis le second. Quelque chose s'amorce, mais je suis epuise, recouvert d'urine. Mon paysage se limite a ces quelques centimetres ouates et etouffants devant mon visage.

J'entreprends de me degager de mon sac a dos, de mon harnais. Mon pied droit est sorti de la chaussure, je peux me dresser sur le gauche, creuser vers le haut. Enfin, ma main degage une ouverture vers la surface. Cet afflux d'air glace me ranime. A nouveau, je crie, supplie. Aucune reponse.

J''employe des heures, encore, a me debarrasser de ma chaussure gauche, toujours solidaire du ski. Creuser, faire des boules de neige, tenter de les lancer au travers de la minuscule ouverture qui me nargue si haut. Faire de la place, peu a peu. J'etais determine a me battre jusqu'au bout. Ma main gauche insensible a atteint ma guetre, delace enfin la chaussure.

Apres neuf heures de lutte, j'ai refait surface.

Je me precipite vers l'aval. Je pense au corps inerte de mon compagnon, enfui sous tant de neige. J'apercois une forme recroquevillee dans un trou, je le secoue, il se releve. Euphorie, soulagement indescriptible. Ni l'un ni l'autre ne pensions nous revoir. Par une chance incroyable, nous sommes sortis au meme instant, marques par le meme combat effroyable.

Il fait nuit, la tempete fait rage. Nous sommes tous deux en hypothermie. Deja je sens les gelures a ma main gauche. Ole sauve son sac, ma pulka est introuvable.

Toute la nuit, nous nous serrons l'un contre l'autre dans sa minuscule tente. L'unique sac de couchage humide qui nous recouvre ne nous apporte aucune chaleur. Odeur pestilentielle, Ole est recouvert d'excrements. Mes doigts geles se reveillent et je hurle ma douleur.
Les rafales s'intensifient, l'arceau de la tente se rompt brusquement dans un craquement de vieille branche. Abandonnes dans notre bache ruinee, nous faisons contrepoids contre les bourrasques toute la nuit.

Enfin vient la clarete du jour que je ne pensais jamais revoir. Je tente une sortie, vetu de tous nos vetements, humides et souilles. Dans la tempete qui me plaque au sol, en chaussettes, j'entreprends de degager mes skis, ma pulka. Apres des heures d'effort, je parviens a monter la seconde tente, nous nous y refugions, allumons le rechaud. Enfin un peu de chaleur. Ole sort a son tour, retrouve ses skis. Nous craignons une nouvelle avalanche, mais nous sommes bien incapables de nous deplacer.

Puis vient le second matin. Dans le mauvais temps, nous plions bagage. Fuir ce lieu dangereux, ces pentes menacantes qui, sans doute, attendent de prendre leur revanche.

50m, ma pulka tombe d'une corniche que je n'avais pas apercu. Ole vient a mon secours. Hors de question de tenter d'atteindre la vallee par ce temps. Il reste 8km mais nous n'echapperions pas a une seconde avalanche. Nous envisageons un lieu sur, montons a nouveau la tente. Nous avons assez de nourriture, beaucoup de carburant. Nous parvenons a recharger le telephone satellite, envoyer deux messages. L'ambiance s'apaise, il nous reste juste a attendre confortablement un temps meilleur.

Dimanche matin, nous jetons un oeil par le hublot. Le bleu du ciel et la neige scintillante. Nous replions les affaires en toute hate. Midi, nous atteignons l'hotel. Le soleil brille, les camions defilent sur la route, etrangers a notre sort.

Mardi 29 janvier

Je prends a present un peu de repos chez Ole a Flensberg. Mon pere Klaus m'a rejoint.

L'avalanche est derriere moi. Restent sur les doigts de ma main gauche ces vilaines morsures du froid. La peau saigne, vire au blanc. J'ai perdu deux ongles. J'ai peu de sensations, du mal a plier completement les doigts. Le medecin m'a rassure, je devrais recuperer un peu de mobilite d'ici une semaine, je devrais compter un a deux mois pour une guerison totale. Mais tout cela n'est rien, en comparaison a ce que nous avons mis en jeu.

Beaucoup de questions, surtout. Les dernieres experiences en montagne avec Laurent ont ete eprouvantes, je m'etais jure de tourner le dos a ces dangers sournois. Je pensais faire ici une route sereine, un voyage plaisir. Tel etait du moins mon optique. Cette fois, je suis passe du bon cote. Rendez-vous manque, mais combien de fois encore?
Le danger ne m'apporte aucune exaltation. Tout au plus un gout amer et morbide.
Comment dois-je envisager la suite de cette expedition?
Je me suis tourne vers la montagne pour echapper a la fadeur du quotidien, mais le probleme n'est il pas plutot d'apprendre a profiter de ces choses simples, banales, conventionnelles s'il le faut?
Toujours ces memes notions qui reviennent: plaisir, souffrance, sacrifices. Mais que suis-je venu chercher?

Quoi qu'il en soit, je ne peux pas continuer immediatement. J'ai besoin d'un peu de temps, de reflexion, de guerison. Mais je dois me remettre en selle, Ole m'encourage en ce sens. D'autres amis viendront me rejoindre. J'ai envie de marcher avec eux.

J'aimerais remercier Ole, qui a vecu la meme galere que moi. Nous avons du sacrement nous serrer les coudes pour survivre.

Mais je voudrais surtout vous dire a quel point je tiens a vous tous. Merci d'etre la, vous m'avez donne l'energie pour me battre. Sans vous, je serais encore sous la neige...

Kiss

Nico
Par Nico
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 13:05

Je suis finalement parvenu en Norvege.

Mon ange gardien Allan m'a conduit au ferry en fin de soiree. J'ai passe une nuit hallucinante a faire le tour du ferry, a dormir sur le sol. Il y avait des gens endormis etendus partout et le bruit des machines a sous a bien trouble mon repos. Comme on peut occuper le peuple, c'est lamentable...

 

 

J'ai debarque a Kristiansand, il faisait le temps le plus mauvais que je n'ai jamais vu et j'ai failli retourner sur le ferry.

Journee de courses: fuel pour le rechaud, cartes de la region, clef des refuges. J'avais convaincu la guichetiere du ferry de garder ma pulka.
Je tiens aussi a signaler que les boulangeries norvegiennes sont les meilleures au monde.

En soiree j'ai pris un bus pour une auberge de jeunesse dans le nord, j'avais bien explique l'endroit au chauffeur (on peut se faire debarquer ou on veut, il suffit de demander), mais il m'a foutu n'importe ou. Je me suis retrouve a marcher sur la route, dans l'obscurite totale, vers l'hypothetique auberge dont je n'avais meme pas le nom ni le telephone, quand ma pulka s'est mise a freiner. Je me suis apercu que j'avais perdu deux ecrous... Impossible d'avancer ou de reculer, j'ai a nouveau leve le pouce mais personne ne s'arretait. Il s'est remis a pleuvoir.
J'ai remis les boulons en place et cela m'a permis de me rendre jusqu'au centre du village de Evje, et j'ai decide d'y passer la nuit.
En effet, que fait-on lorsque sa pulka est cassee?? Ben on l'apporte au garage tiens!! Il me fallait donc trouver un garage. J'ai failli dormir devant le supermarche mais j'ai trouve les toilettes chauffees de l'office du tourisme, tres propre.

Ce matin j'ai donc marche vers le garage qui n'etait pas loin et ma pulka a ete reparee pour 50 KR. Comme quoi on trouve toujours une solution, il suffit de perseverer.

J'ai juste eu le temps de prendre le bus qui m'a depose a ma destination finale Langeid, au depart d'une route qui se rend vers les montagnes. Ca monte assez fort mais ca devrait aller.

Il me manquait juste deux choses: charger mon telephone et donner des nouvelles. Je me suis donc arrete a la premiere maison et on m'y a acceuilli (quoique la situation soit un peu bizarre). Me voici donc sur internet une derniere fois.
Pour l'anecdote, la proprietaire des lieux a un chien qui porte un nom francais, et dont elle n'avait aucune idee de la signification. Elle me dit donc: "What does it mean: Imbattable comme un chevalier??" Ils sont fous au chenil de donner un nom pareil a un chien!!??!
La voila donc rassuree.

 

Langeid: droppé en bus au milieu de nulle part, reste à trouver une connection internet!!!

 

Voici une idee de mon itineraire: cet apres midi vers la cabane Stakkedalen, puis NO et finalement plein nord. Normalement plus d'internet avant 9 jours au moins.

Nico

Par Nico
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 18:07
Bonjour tout le monde,

Je suis a present sur le point d'embarquer pour la Norvege. I did it!! Je peux a present rentrer dans le Guinness Book comme autostoppeur le plus charge de tous les temps.

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Je faisais du stop sur une entree d'autoroute a 20 km de Hirthals et j'ai rencontre le gars le plus cool du monde. Alan m'a fait monter et m'a conduit a l'embarquement des ferrys, j'ai pris mon ticket, mais le bateau ne partait pas avant 01h00 du matin, alors il m'a invite chez lui.
Il vient d'acheter une fermette dans la campagne danoise, c'est un endroit magique. Une succession de minuscules collines boisees, avec de petites maisons blotties ca et la. Des chevreuils, des bois de sapins, des etangs, des collines denudees d'ou il est si bon de regarder le soleil se coucher.
Nous avons bu des bieres au sommet des collines en refaisant le monde, nous nous apretons a manger un poulet, tout la famille est presente: Alan et sa copine, leur enfant de 4 mois, le frere et le parents d'Alan. Je suis tellement content de decouvrir le danemark autrement que par les autoroutes.
Alan a 34 ans, il travaille pour une maison de disques, son boulot est d'accompagner et superviser les groupes qui se rendent en tournee en Europe. Il a traverse le monde en autostop (plus d'un an), vecu six mois dans une tribu traditionnelle en Amazonie,... il s'est fixe ici l'annee passee, il est si fier de me montrer sa maison, ses bois, ses pres ou il aimerait elever quelques moutons.

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Pour revenir sur mon trajet, j'ai commence le stop a Leuven, et le *premier* couple (guineo-allemand) que j'ai aborde m'a pris a bord, absolument hallucinant. Ils m'ont depose a Koln, j'ai galere cinq heures avant de trouver un autre couple, egypto-portugais cette fois. La voiture etait minuscule, je n'y croyais pas, mais ils se seraient coupes en quatre et on a fait rentrer le pulka par petits morceaux. Ils m'ont laisse a l'entree de Hamburg, je me trouvais alors sur une aire d'autoroute deserte, sous le halo d'un reverbere, avec quantite d'objets varies etales sur quelques metre carres. J'ai emmene tout mon paquetage en roulant vers la foret et j'y ai plante la tente. Bien sur, il s'est mis a pleuvoir.
Note de mon carnet de bord: "puree aux carottes: faut faire un effort mental pour les carottes". Ca promet pour les prochains mois, pourquoi ai-je pris autant de puree aux carottes??

Quoi qu'il en soit, j'ai embarque le lendemain matin avec un couple allemand vers la frontiere Danoise. Ils m'ont laisse au "Scandinavian Park", un centre commercial au niveau de la frontiere, bien fourni en alcools et cigarettes, meilleur marche de ce cote, plaque tournante des beuveries danoises du we. Quand on saura que j'y ai essuye des refus pendant six heures, dans l'obscurite et sous la pluie, on saisira toute l'ironie de l'appellation.
Le calvaire a pris fin et j'ai embarque avec un danois (il m'a d'abord pris pour un refugie cherchant a passer la frontiere). Un gars tres chouette, curieux de mon aventure, lui meme grand voyageur. J'ai ensuite trouve immediatement un chef d'entreprise speede et j'ai enfourne le traineau dans le coffre de son luxueux 4x4. Il n'a pas cesse de s'ecrier "Jesus" a l'evocation de mes projets.
J'ai ete droppe sur une aire deserte et j'ai decide d'y planter la tente apres quelques essais infructueux.



Je suis monte dans un camion ce matin, il avait la place pour quelques centaines de traineaux. Drole d'existence que d'etre routier...
Le plus frustrant a ete lorsqu'un gars (cheveux longs et berger allemand dans le coffre, immediatement classe rebelle par moi meme), me fait monter. Puis, lorsque tout est dans la voiture (totalement desosse), il me dit "I can't see behind anymore. That's forbidden in Danemark" Il est vrai que le retroviseur central n'etait plus d'aucune utilite. Il n'a rien voulu entendre et j'ai du tout debarquer!! Une heure passee a defaire et refaire le chargement...
Puis j'ai trouve un gars qui m'a emmene a 20km de Hirtshals. C'etait un routier en voiture de location qui allait rechercher un camion dans le nord.

Bref, tout pour aujourd'hui, je vais passer un peu de temps avec mes nouveaux amis et j'ai un ferry a prendre...

Nico
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 21:12
Ca y est, je peux la préciser: la date du départ.

Tout petit report: j'étais presque prêt à partir samedi matin, mais le lancement a été reporté pour cause de mauvaises conditions météo!!
Ok pour la neige, le froid, le vent. Mais la pluie, j'ai horreur de ça.

C'est donc ce dimanche que je prends l'envol, en levant le pouce sur l'E40. Direction Hirtshals, au Danemark, pour y attraper un ferry pour Kristiansand.

Je ferai ensuite quelques dernières courses avant de prendre la direction des montagnes.

Nico
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 13:34

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L'expé Scandinavie  2008 est sur les starting blocks. Départ dans quelques jours!

C'est le temps des ultimes préparatifs: derniers réglages de la pulka, du panneau solaire, fin des travaux de couture, mise au point des rendez-vous avec les autres participants, démarches administratives. 

Je serai parti quatre mois sur un itinéraire liant Kristiansand, sur la côte sud de la Norvège, au Cap Nord, via l'arc de la chaine montagneuse des Scandes.

Me rejoignent en cours de route, Klaus et Rémy (fin janvier/début février), Jief et Thomas (fin mars), Fred (début avril), plus quelques autres selon disponiblités.

Le planning n'est pas du tout clôturé pour autant, donc si l'aventure vous tente, il restera toujours possible de se joindre.

Je serai accessible par email, ou par téléphone (gsm/satellite) sur mon numéro habituel (vu l'autonomie et le prix des communications, envoyez plutôt des sms).

Je vous souhaite à tous un hiver glacé plein de raids à skis et de cascades,  et une merveilleuse reprise de l'escalade en falaise au printemps!

 

Nico

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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:36
Contribution à la rubrique brico-débrouille...
Le matériel adéquat à ce type de voyage ne se trouve pas toujours dans le commerce. Beau pied de nez à la société du tout-prêt-à-consommer avec ces quelques réalisations originales concues spécialement pour l'expédition.
 
La pulka
 
On trouve des pulkas dans le commerce dans une grande variété de tailles et de matériaux. Voici un modèle économique bricolé autour d'une pulka entrée de gamme en plastique. Initialement acheté pour la traversée de l'Islande, ce modèle (pas optimal pour cette expédition, vu la hauteur de bac réduite), s'est imposé... puisqu'il était là.

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La main-courante en corde et les sangles d'arrimage du chargement sont des ajouts. La bâche est également sortie de nos ateliers de couture. En tissu Cordura 500 deniers enduit, elle est munie de deux poches à l'avant et à l'arrière, de coutures étanches, ainsi que d'un système de fermeture à baguettes, qui se roule en son sommet. Toutes ces fermetures sont manipulables avec des moufles.
Les deux autres pulkas sont équipées de bâches similaires en nylon ripstop, plus léger mais moins résistant.
 
Le système de trait laisse le choix entre les cordes uniquement (sur le terrain plat, en montée), ou l'ajout d'un brancard rigide, qui évite de recevoir le traineau dans les pieds dans les descentes. Ce brancard est également une fabrication maison, en tubes Niron. Les deux traverses maintenues en place par des goupilles, sont amovibles. Ils permettent de stabiliser la pulka en traversée dans les pentes en neige durcie.

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Enfin, le système de roulettes permet de se déplacer même sur terrain déneigé, ce qui sera le cas pour atteindre la Norvège en auto-stop. Les traverses sont démontables sans outils, tandis que la plaque en bois se range dans le fond de la pulka et sert de renfort.
 
La tente
 
Il s'agit du modèle VE25 de North Face, une tente d'expédition qui a depuis longtemps fait ses preuves. Néamoins, quelques modifications y ont été apportées pour une utilisation optimale dans la neige.
 
L'ajout de bavettes à neige a constitué l'essentiel du travail. Il s'agit de bandes en tissu (nylon ripstop), cousues sur l'extrémité du double-toit. Au montage de la tente, ces bavettes sont recouvertes d'une généreuse quantité de neige. Ce système a quatre avantages principaux:
- il permet d'ancrer la tente au sol
- il évite l'intrusion de neige poudreuse entre les deux parois de la tente
- il confère une certaine isolation thermique à la tente
- il limite les claquements du vent dans les toiles et contribue au sentiment de tranquilité lors des tempêtes
 
Le revers de la médaille est qu'il faut être particulièrement attentif à l'aération: pendant le fonctionnement du réchaud, pour éviter les intoxications au CO, et pendant la cuisson des aliments pour éviter que la vapeur d'eau ne condense partout sous forme de givre. Il est également préférable, pour la même raison, de laisser de l'aération pendant la nuit.
 
A propos d'aérations, le système de clapet imaginé par North Face est très bien conçu, mais souffre cependant d'un défaut. Lors de fort vent de travers (on monte toujours la tente dos au vent, mais celui-ci peut
tourner), le velcro présent ne suffit plus à maintenir fermé ce clapet, qui laisse alors entrer neige fine ou pluie (expérience vécue, très désagréable). J'ai donc remplacé le velcro par une tirette à deux curseurs, manipulable de l'intérieur comme de l'extérieur.
 
Les piquets à neige
 
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Fabriqués au départ de cornière alu en T, ils permettent l'ancrage dela tente en neige dure. Ces piquets se plantent au marteau. On peut aussi les enterrer de façon horizontale afin de servir de corps mort.
 
La boîte réchaud
 
Lorsqu'il fait -20°C et surtout s'il y a du vent, il n'est pas envisageable de cuisiner dehors. On rentre alors la cuisine dans la tente. On peut se contenter de l'auvent, mais c'est peu ergonomique, et je cuisine généralement au milieu de la tente. Le réchaud peut faire monter la température de 20°C par rapport à l'extérieur (toutes aérations ouvertes).
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La tente, les matelas, et les sacs de couchage sont assez inflammables, et c'est pourquoi il faut absolument confiner le réchaud dans une boîte. En cas de fuite de carburant, d'emballement du réchaud, il est possible de tout balancer dehors avant de terminer en saucisse grillée.

boiteRechaud2.jpg
 
Moulée en matériaux high-tec, cette pièce est digne de la Nasa. Extérieur en kevlar, intérieur en fibre de carbone, résine époxy, cadre en alu!! Ne pas oublier le trou d'arrivée d'air pour le bon fonctionnement du réchaud: risque de dégagement de CO.

boiteRechaud3.jpg

Chaque ustensile y prend place pour le rangement, le tout est muni d'un couvercle. But de la manoeuvre: ne pas devoir démonter et remonter le réchaud tous les jours, rassembler toute la cuisine dans le même lieu, utiliser au mieux la place disponible dans la boîte, avoir un contenant indestructible (on s'assied souvent sur la pulka pendant la journée, je ne parle même pas des retournements ou des descentes négociées en luge
à califourchon).
L'entonnoir est un compagnon bien utile pour transférer tous les matins l'eau chaude dans les thermos.
Le petit entonnoir sert au remplissage des bouteilles de carburant.
 
Etuis divers
 
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Cousus sur mesure comme par exemple cette housse pour matelas-peu de renne.
 
Bouteilles carburant

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Pour une bonne conservation du carburant, sans risque de fuites: bouteilles de Coca! Attention à ne pas confondre avec de l'eau...
Par Nico
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Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 14:38
schemaItineraire.jpg Voici le planning mis à jour au 5 janvier (sera affiné en fonction des horaires des vols). Les dates se réferent au départ/retour Belgique.

Klaus: départ vers le 24 janvier, retour vers le 10 février.
Rémy aux mêmes dates, mais une seule semaine de disponible dans la fourchette.
Pour se rejoindre (aller comme retour), vol sur Oslo puis train qui croise directement l'itinéraire.
Traversée des massifs de Fillefjell et Jotunheimen.

Arnaud: +- 15 au 26 février, à confirmer.

Béné et Pierre: +- 1er au 15 mars, à confirmer

Jief et Thomas: départ en même temps vers le 21-22 mars. Rdv sur la route 95 au sud de Kvikkjokk ou éventuellement à Kvikkjokk même. Accessibles  en bus.
Fin de l'itinéraire à Ritsem probablement (sinon Nikkaluokta).
Accessibles en bus.
Retour Belgique pour le 6 avril.
Traversée des massifs Tarrekaise et Sarek.

Fred: arrivée simultanée au départ de Jief et Thomas,  donc départ vers le 2 avril.
L'échange des équipes se ferait donc vers le 4 avril.
Fin de l'itinéraire à Abisko (retour vers le 15 avril).
Traversée du massif Kebnekaise.
Par Nico
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Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 14:09
Voici quelques détails au sujet  du voyage.

Tout d'abord, les dates et l'approche: départ vers début janvier, au départ de la ville de Kristiansand (sud de la Norvège, sur la côte). Je prévois de me rendre depuis Bruxelles jusqu'au Danemark  en autostop (on verra s'il y a de bonnes âmes pour convoyer un traîneau...), avant de traverser en ferry vers Kristiansand.

undefined Depuis Kristiansand, deux possibilités. Le but est d'atteindre les montagnes, à environ 50km. La première solution est donc d'adapter des roulettes afin de pouvoir la tirer sur la route (roulettes qui seront de tout façon utiles en d'autres circonstances, pour tous les endroits déneigés). Seconde solution (préférée vu la date de départ), continuer le stop, bus ou autre jusqu'aux montagnes.Voici le moment de chausser les skis.


Il est donc temps de parler de cette fameuse pulka. C'est un traîneau en matière plastique, qui présente l'immense avantage de pourvoir traîner ses affaires, plutôt que de devoir les porter sur le dos (ce qui, vu le poids de 60kg nécessaire à une telle expédition, serait de toute façon impossible).








Qu'y a-t-il donc dans la pulka?

- la tente, qui permet de se sentir chez soi partout où on la plante
- les matelas et le sac de couchage, si on ne veut pas claquer des dents toute la nuit
- le réchaud et les casserolles pour faire fondre la neige et cuisiner
- la nourriture, le carburant pour le réchaud
- les thermos pour pouvoir boire pendant la journée
- la pelle à neige, pour monter des murs en blocs, stabiliser et protéger la tente du vent
- des habits chauds, quand on ne les a pas tous sur soi
- la trousse de pharmacie, pour les bobos
- les accessoires pour les skis
- les appareils photos, gps, gsm et autres instruments électroniques
- le petit matériel de réparation...

Donc de quoi survivre dans le froid pendant une vingtaine de jours sans se ravitailler.

Point de vue itinéraire, la seule nécessité est de trouver un terrain enneigé et pas trop raide. Ce mode de déplacement permet donc une liberté époustouflante, car on est dépendant d'aucun sentier, d'aucune route, d'aucun itinéraire préexistant. Il ne reste derrière soi qu'un tracé éphémère, bientôt effacé par la neige et le vent.

Le début de l'itinéraire, en Norvège, sera plus alpin, puis le relief s'adoucira en passant en Suède. La suite de l'itinéraire alternera entre passages montagneux et tronçons moins accidentés, boisés, plus riches en faune, avant de finalement plonger vers les plateaux du Finnmark et la toundra.
nordseter-015.jpg
Heureusement, je ne serai pas seul sur cet itinéraire. Avec les amis motivés, nous ferons un bout de chemin ensemble. Dix à quinze jours de congé sont suffisants pour passer un moment fort dans le nord.
J'ai en effet réussi à convaincre quelques pauvres abrutis qu'aller labourer la Scandinavie avec un traineau en plein hiver était favorable au développement personnel...
Soyez remerciés de votre soutien!
Les places sont ouvertes, contactez moi si le projet vous tente!

Il nous faudra donc trouver un point de rencontre et un point de chute, qui soient accessibles par les moyens de transport, se mettre d'accord sur le matériel à emporter, la nourriture et autres ravitaillements.
Toutes choses à préparer de préférence avant le départ, et à affiner ensuite.
Etant donné que je transporte une tente de 4 personnes, de quoi cuisiner, le petit matériel, et que je dispose de  pulkas à prêter, la base opérationnelle est en place.
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A propos de ravitaillements, visiter les villages sur l'itinéraire sera l'occasion de trouver de la nourriture, de faire le plein de carburant, de réparer le matériel défectueux, de recevoir/envoyer des colis vers la Belgique, d'accéder à Internet et, je l'espère, d'aller à la rencontre des Norvégiens et Suédois.

Entre les villages, les traversées des massifs, même si on n'est jamais très éloigné des premiers humains (3 jours de marche), permettent de vivre totalement isolé pendant une vingtaine de jours. Il faut composer avec les conditions météorologiques, le froid en particulier (-35°C), les tempêtes qui peuvent vous bloquer plusieurs jours sous la tente. Parfois, la nature nous offre les conditions parfaites qui réjouissent le corps et l'esprit: neige dure, absence de vent, paysages magnifiques, aurores boréales.



Nico
Par Nico
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